Ils sont sympas Sud-Ouest.

Ils viennent de nous livrer gratuitement un numéro spécial sur la crise sanitaire à Bordeaux. Bon c’est vrai qu’on pourrait croire,mais quel mauvais esprit, à un hommage rendu à l’équipe municipale et à sa gestion. Comme un service rendu, un cadeau (partagé ?), un geste solidaire en ces temps si difficiles.

D’ailleurs pour faire simple, les articles ne sont pas signés par des journalistes et semblent même avoir été écrits directement par le service communication du maire.

C’est osé mais fallait y penser et puis pourquoi se gêner, rien ne l’interdit. 

Au fil des 8 pages, on mesure à quel point nous avons la chance d’avoir l’équipe qu’il faut. Car, on n’avait pas fait bien attention, mais tout est bien fait : l’aide alimentaire aux sans-abris ou aux anciens, la circulation repensée, les transports organisés, le vélo encouragé, la culture soutenue, les petites entreprises soulagée … la mairie s’est occupée de tout.

C’est même incroyable d’être aussi parfait.

Le maire et ses amis ne laissent personne sur le bord du chemin. Pas une fausse note. Seul regret, on aurait bien aimé quelques pages de plus. Heureusement que notre quotidien préféré est aussi attentif à la vie de la cité, prêt à informer toute la population sans compter, c’est cela le journalisme professionnel, désintéressé et éthique, si prêt des habitants et si près des gestionnaires.

Et quel professionnalisme. Il en faut pour réussir à zapper tous les sujets qui fâchent, effacer tous les problèmes (oui il y en a parait-il), même pour oublier quelques héros du quotidien qui n’étaient pas assez présentables à l’instar des collectifs militants contre la misère et les injustices sociales qui assurent pourtant une grande partie de l’aide auprès des plus démunis.Mais pas de gêne, pas de fausse pudeur, ni pour le grand journal régional, ni pour le maire de Bordeaux.

Ils ont raison, ce qui compte, c’est d’informer la population, coûte que coûte, même si ça peut ressembler, mais ce serait un manque de fair-play, au bon vieux temps de Juppé ou de Chaban, belle continuité du soutien politique envers un pouvoir en place qui n’oublie pas de continuer une campagne pourtant officiellement interrompue.

C’est beau la connivence.

En tout cas, un joli coup double pour cette publicité réciproque. Et puis comme ça, on sait tout sur la sortie du confinement.

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