1. Le conseil en chiffres

6h30 de réunion, avec un peu moins d’élu-es à la fin qu’au début

A l’ordre du jour :

  • 31 délibérations dont 29 mises au vote, 17 « dégroupées » (donc avec débat)
  • 2 questions écrites (dont 1 de BEL sur le Grand Stade)
  • 1 vœu (présenté par BEL amendé et soutenu par la majorité) pour la mise en place d’un lieu, d’une structure d’accueil pour les jeunes mineurs étrangers.

Nos votes :

  • 16 Pour soit 55%
  • 9 Abstentions soit 31%
  • 4 Contre soit 14%

Nous restons le groupe qui votons largement le moins de « pour » et donc le plus de « contre » et « d’abstention ». La droite vote pour toutes à l’exception de la délibération sur les orientations budgétaires. La Majorité (ses 3 groupes confondus), bien soudée, vote tout pareil.

Nos interventions :

  • Dans l’intro concernant l’ordre du jour
  • Lors de 14 délibérations sur les 17 mises en débat
  • La lecture notre question écrite
  • La présentation de notre « vœu » ou motion.
  • Les faits notables (d’après nous)
  • Sur l’ordre du jour :

Nous sommes intervenu-es une nouvelle fois pour critiquer le décalage entre les sujets traités et l’actualité sociale de la ville, sur l’absence de sujets concernant directement la vie et les difficultés de la population : par exemple, rien sur les conséquences des expulsions récentes des quats avec des familles et enfants rejeté-es à la rue, rien sur la souffrance dans les quartiers populaires, rien sur la bétonisation des sols avec les constructions partout dégradant le cadre de vie dans certains quartiers, rien sur la répression des militant-es écologiste ou humanitaires … et puis globalement nous avons critiqué le système de délibération qui ne permet pas de mettre à l’ordre du jour et de discuter de choses que nous considérons importantes.

  • Sur la gouvernance de la métropole (Délib 43) :

Nous avons voté contre un fonctionnement qui n’a rien de démocratique, une instance encore plus éloignée et plus déconnectée de la population, ça multiplie les étages, les commissions, les réunions mais toujours sans impliquer la population, sans lien avec les tissus militants, associatifs, syndicaux… La démocratie pour eux s’arrête au mieux à la consultation alors que la population, les habitant-es dans les quartiers devraient avoir les moyens de débattre, de choisir et de décider ce qui concerne leur vie quotidienne. BEL a été seule à se positionner contre.

  • Sur le rapport égalité Femmes/Hommes (Délib 44) :

Le rapport en lui-même est plutôt complet et bien fait, il met notamment en évidence des problèmes de métiers très genrés et des inégalités de salaires médians. En revanche, nous nous demandons pourquoi des rapports similaires ne sont pas faits sur les questions d’inclusion des personnes en situation de handicap, des personnes Queer ou encore des personnes racisées, afin de croiser toutes ces données. Pour vous avoir déjà posé la question en commission, nous avons bien conscience que ce rapport ci est une obligation, là où ce n’est pas le cas pour les autres formes de discrimination. Cependant, nous pensons qu’on gagnerait en efficacité avec une vision d’ensemble et la possibilité de croiser les données. En effet, toutes ces luttes sont équivalentes en termes d’importance et sont surtout demeurent interconnectées.

  • Sur le rapport orientations budgétaires (Délib 45) :

Nous sommes intervenu-es pour constater que tout semble justifier et préparer une sorte d’austérité prochaine, avec un contexte de crise sanitaire qui coûte cher, une épargne qui diminue, des recettes à la baisse… certes pas d’annonce de restrictions ou « d’économie » comme réclamée par la droite, au contraire la mairie annonce des intentions de répondre aux urgences climatiques et sociales mais sans être concret. Pour nous un budget se construit d’abord pour répondre aux besoins urgents de la population donc il nous semble incontournable de recenser tous les besoins, dans les services publics, dans les structures utiles à la population, les besoins en effectifs d’animateurs, éducateurs, dans les écoles (ATSEM…), pour la santé, pour améliorer les logements, la vie des gens… or rien n’est dit sur ces besoins, sur les manques, sur les choses nécessaires. Comme d’habitude, on a eu droit à une sorte de cours technico-légal, très gestionnaire et peu politique, de cette manière on ne discute pas de redistribution des richesses différemment, de rupture pour satisfaire les catégories populaires et non plus seulement les couches les plus aisées. La droite défend son bilan, se vante d’avoir laissé une « ville en bonne santé financière » on leur a répondu que la population est en moins bonne situation, par exemple, le taux de pauvreté à Bordeaux est supérieur à la moyenne nationale (17%), le mal logement par exemple est important.

  • Sur le fonds d’investissement des quartiers (délib 49) : on a voté pour la subvention à la ferme pédagogique qui se trouve dans les quartiers des Aubiers. Mais nous avons critiqué l’absence d’une véritable politique sociale qui réponde aux difficultés importantes aux Aubiers comme dans les autres quartiers populaires (Grand Parc, Chantecrit, Bacalan, Bastide …), là encore c’est comme si les problèmes n’existaient pas, comme s’ils ne franchissaient pas les porte de l’enceinte municipale. Nous revendiquons un soutien aux structures existantes comme les centre d’animation ou les réseaux associatifs, des moyens financiers mais aussi d’embaucher du personnel, pour créer des lieux de vie, d’échange, pour que la population s’occupe de sa vie…
  • Sur la Maison de l’Emploi (délib 50) : rebelote, encore une couche pour défendre une politique sociale concrète. La Maison de l’emploi c’est bien mais pour faire quoi, proposer quoi ? La mairie peut renforcer les services publics, recruter du personnel, ouvrir des lieux comme des bars, des foyers, il manque de lieux de vie. La majorité répond en boucle qu’elle fait plein de choses, comme si cela suffisait, comme si nos critiques étaient injustifiées. Sauf que la souffrance sociale est bien là, qu’il faut la voir et y répondre vraiment, sans faire semblant.
  • Sur le logement locatif aidé (délib 54) :
  • Sur l’aide à l’accession à la propriété (délib 56) :
  • Sur l’audit du SIVU, restauration collective (délib 60) :

Nous demandons que cet audit aborde aussi les conditions d’enmploi et de travail à la fois du personnel du SIVU mais aussi du personnel municipal qui servent les plats. La délibération ne précise pas si l’audit sera mené par une entreprise privée ou par un service public. Nous dénonçons la multiplication des audits par des structures privées qui ont un coût pour les collectivités et qui restent souvent au fond du tiroir. Nous pensons que les syndicats, le personnel et/ou les usagers peuvent répondre directement en ce qui les concerne sans avoir l’analyse de super technicien.

  • Cession de parcelle (délib 61) :

Cette délibération confirme qu’il est possible d’une institution à l’autre de se céder des biens. Nous reparlons donc du squat kabako, porté par de associations, des collectifs, des individus, travaillant bénévolement à offrir un espace de sérénité à des enfants seuls et désemparé, tous et toutes oeuvrant à leur insertion, notamment par le biais de la scolarisation et de l’apprentissage, le Kabako, installé dans des locaux appartenant au Département, vit sous la pression permanente d’une potentielle expulsion. Cette vie suspendue est un véritable poison, pour les habitants et pour les personnes les accompagnant, rendant difficile la projection vers un avenir meilleur et une avancée vers une plus grande autonomie. Il serait donc important que la mairie demande au Département la cession de cet immeuble afin de permettre de faire de ce lieu un véritable lieu d’accueil sécurisé, sécurisant pour des personnes jeunes, fragiles et au parcours de vie extrêmement compliqué. Au besoin, les quelques travaux de rénovation pourraient être fait par les occupants, accompagnés par des professionnels comme les compagnons bâtisseurs ou autre. A défaut de réquisition, une cession de bien est une solution plus pacifiée et offre la possibilité d’une mise à l’abri définitive rapide et sensée.

  • Sur les séjours scolaires, classes vertes (délib 64) :

Nous avons voté pour bien sûr. Les sorties scolaires sont d’autant plus importantes en ces temps de crise sanitaire, de confinement ou de couvre-feu, surtout dans les écoles des quartiers populaires, en zone REP (réseau d’éducation prioritaire) car nous savons que la situation n’est pas vécue pareil dans les milieux sociaux favorisés ou défavorisés. Pour cette raison nous défendons le principe de la gratuité totale des sorties même si nous avons vu qu’il y avait déjà des tarifs adaptés aux révenus des familles. Sauf que le plus simple et le plu correct c’est d’assurer la gratuité pour tous les enfants, histoire d’éviter les malaises, les sentiments de quémander. D’ailleurs des communes comme Gennevilliers (pas une commune riche) pratique cette gratuité des sorties scolaires.

  • Sur le secteur de la petite enfance (Délib 66) :

Lors de notre campagne municipale, nous avons mis en avant la gratuité pour certains services publics. L’accessibilité à la culture pour tous entre dans ce champ de proposition. Aussi, nous avons été dans un premier temps enthousiaste à l’idée qu’un pass culture donne à 1000 personnes la possibilité d’entrer gratuitement au musée des Arts Décoratifs. Hélas, cette gratuité n’est pas envisagée pour les bordelais.es mais pour des journalistes d’une chaine privée, fusse-t-elle à vocation culturelle. A-t-on besoin d’offrir à ces derniers la gratuité pour qu’ils parlent positivement des expositions dans ce musée ? La qualité des œuvres exposée ne suffit-elle pas à ce qu’ils envisagent d’en parler positivement sans qu’on ait besoin de leur offrir la visite ? Est-ce toujours pour se montrer à la hauteur de ce qui se fait dans d’autres villes au détriment d’une politique culturelle locale forte en direction des publics les plus précaires ? On a voté contre cette délibération.

  • Sur la formation du personnel dans la petite enfance (Délib 70) :

L’accueil des enfants de 0 à 3 ans, on le sait, est assuré : – soit par des assistantes maternelles agréées, dans le cadre des MAM (Maisons d’Assistantes Maternelles) – soit en crèches : celles-ci sont municipales, associatives… ou privées. D’ailleurs, la part des crèches privées à Bordeaux semble avoir connu ces dernières années un boom spectaculaire, comme partout, mais nous y reviendrons. Disons d’entrée que nous voterons POUR les délibérations 70 et 71. À nos yeux, encourager et soutenir la formation des assistants ou assistantes maternelles, c’est la moindre des choses. Mais nous souhaitons mettre cela dans le contexte général de la politique de la Petite Enfance à Bordeaux. Voici 3 sujets en lien avec la Petite Enfance : 1. Les raisons d’un récent mouvement de grève dans l’ensemble des crèches du pays : une réforme – que nous, nous appelons CONTRE-RÉFORME – portée par le Secrétaire d’État à l’Enfance et aux Familles Adrien TAQUET, prévoit entre autres reculs, d’augmenter à 6 le nombre de bébés maximum par puéricultrice (jusque-là c’était 5, quand ils ont moins de 15 mois). La nouvelle majorité bordelaise profitera-t-elle de ce texte, quand il sera voté, pour dégrader les conditions d’encadrement dans les crèches municipales ? Ou au contraire, peut-elle s’engager à garder les normes actuelles ? 2. Concernant les 0 – 3 ans présentant un handicap, existe-t-il un état de la situation de l’accueil dans les structures Petite Enfance de Bordeaux et particulièrement dans les crèches municipales ? 3. Enfin, l’explosion démographique de la ville, et donc une augmentation de la demande de places en crèches, ne doit pas servir de prétexte pour multiplier les D.S.P, qui font surtout le bonheur de fonds d’investissements cupides (au même titre, hélas, que les groupes qui gèrent les EHPAD, à l’autre extrémité de la vie)…  Pour nous l’essentiel est donc dans la consolidation d’un vrai service public de la Petite Enfance ?

  • Sur le dispositif de Certificat d’économies d’énergie (Délib 72) :

Pour nous, ces Certificats d’Economie d’Energie génèrent un système qui donne aux entreprises des “droits à polluer”. Les pires pollueurs s’achètent ainsi une virginité totalement virtuelle, en payant certes, mais si c’était si cher ils ne paieraient pas. Nous pensons que les collectivités territoriales comme Bordeaux Métropole peuvent mettre en œuvre les mesures qui s’imposent sans forcément participer et cautionner ce système en trompe l’œil. Certes, on peut toujours nous opposer que cela rapporte un peu d’argent à la commune, mais finalement c’est de l’argent sale, ce qui, pour une mesure écologique, ne manque pas de piquant. Et sur le fond, rien n’est précisé sur comment la mairie compte mettre en place une politique concrète d’économie d’énergie notamment en ce qui concerne la rénovation et l’isolation des bâtiments (logements entre autres).

  • Sur la subvention pour le Casino Barrière de Bordeaux-Lac (Délib 73) :

Nous avions déjà été bien énervé-es par la ristourne offerte à King Street (propriétaire du club de foot des Girondins), voilà maintenant un autre « gros » qui demande une ristourne de loyer. Nous votons contre parce que les « soutiens » en ces temps de crise sanitaire vont surtout et bizarrement spontanément vers les plus gros, ceux qui osent demander, ceux qui ont les réseaux, le sentiment que ça leur est dû. L’argent public doit être utilisé différemment et prioritairement vers les plus démunis, les plus fragilisés par la crise sanitaire et économique, à savoir les personnes, les familles qui elles n’osent pas forcément demander. Nous proposons que la ville fasse des démarches auprès des bailleurs sociaux et privés pour geler et supendre les loyers, au moins pour demander de la souplesse et non plu menacer les personnes de procédure judiciaire en cas de non-paiement des loyers. A ce titre, nous avons rappelé l’expérience de la Commune de Paris, dont on va fêter bientôt le 150ième anniversaire : l’assemblée communale avait voté des décrets en avril 1871 pour faire annuler les loyers impayés des prolétaires parisiens et pour réquisitionner les logements abandonnés par les bourgeois qui avaient fuit la ville au moment de l’insurrection de la population quelques semaines avant. Comme quoi, avec du culot politique, avec la préoccupation de répondre à l’urgence sociale, des solutions politiques restent possibles.

  • Lecture de notre question écrite, sur le Grand Stade :
  • Présentation du vœu défendant la création par la mairie d’un lieu d’accueil pour les jeunes mineurs réfugié-es : ce fut la « séquence émotion » de ce conseil municipal. Envoyée la semaine dernière comme un vœu de BEL, la majorité nous avait répondu vouloir l’amender pour le voter avec nous. Après plusieurs échanges mails et téléphoniques, nous avons accepté à la condition que cela restait un vœu de « BEL » et que nous le présentions, gardant ainsi notre liberté de parole, car pour la majorité, il s’agissait de prendre en main la chose, faisant comme si c’était leur vœu. Au final, la majorité a effectivement apporté quelques modifications à notre texte, nous les avons acceptées car elles ne changeaient pas le sens et l’essentiel de ce que nous voulions exprimer ou revendiquer et surtout, avec le soutien de la majorité cela permettait d’assurer son vote et donc de renforcer les chances d’obtenir dans les mois qui viennent la création de cette structure d’accueil.

Mais « l’émotion » ne s’arrêtait pas à cette « alliance » inédite entre la majorité et son opposition de gauche, une « alliance » qui a bien énervé le groupe LR, dénonçant un vœu malsain. Sauf qu’au moment du vote, la droite s’est divisée, le groupe macronien, pour des raisons humanitaires, a soutenu le vœu et le groupe LR s’est partagé ente abstention pour et refus de participer au vote. Nous espérons surtout que ce vœu, qui reste symbolique pour l’instant, sera efficace et aboutira d’ici cet été à la mise en place de ce lieu d’accueil pour les jeunes mineurs si urgent et si nécessaire.

Ce vœu aura été pour nous l’occasion d’exprimer notre solidarité envers les militant-es et bénévoles des associations et collectifs qui œuvrent au quotidien à l’ouverture, à l’organisation des squats, à l’aide et au soutien envers les sans-abris quel qu’ils soient, à dénoncer aussi la répression qu’ils ou elles subissent (garde à vue, procès…) comme les colleuses d’affiches (« Buccio t’en as pas marre de faire pleurer les enfants ») ou les « ouvreurs » de squats.

A part l’ancien maire furieux mais isolé, tout le monde semblait étonnamment satisfait de cette motion votée.

Il est quasiment 21 heures, on ne va quand même pas finir la soirée ensemble. Aller, on rentre à la maison.

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